L’étude des publications du comité des statistiques de Tachkent nous montre qu’A. Divaev a été un contributeur important des recueils publiés par le département de statistiques du Syr-Daria. Une recherche sur internet nous donne plus de précisions sur la vie de cet homme :

Abubekir Ahmedjan Divaev, un bashkir, est né le 19 décembre 1855 à Orenbourg et a vécu la plupart de sa vie parmi les Kazakhs. Il a fréquenté l’académie militaire d’Orenbourg Nepliuev, d’abord étudiant à la division asiatique, où la majorité de ses camarades de classe auraient été Kazakhs et ensuite dans la division pour la préparation des traducteurs des langues orientales pour les régions de steppes.

En 1876-1877, à l’âge de 21 ans, A. Divaev quitte l’école pour accepter une nomination dans la bureaucratie russe du territoire du Turkestan. Là, dans la région des steppes du sud, A. Divaev voyage et visite de nombreux villages kazakhs, kirghizes et ouzbeks. Il occupe le poste d’inspecteur divisionnaire du district de l’Evliya-Ata (ou Aulie-Atinsk) puis devient traducteur et fonctionnaire subalterne des missions spéciales attachées au gouverneur général de la région du Syr-Daria. Ce dernier poste lui donne de grandes possibilités de voyager sur tout le territoire du Turkestan.

En 1883, A. Divaev commence à recueillir des matériaux ethnographiques. L’année suivante, le gouverneur général de la région du Syr-Daria, N. Grodekov, lance la collecte d’informations sur le droit coutumier kazakh et kirghiz afin de publier un code de coutumes juridiques des peuples nomades de la région. Tout en travaillant sur ce projet, A. Divaev aurait recueilli des légendes historiques à partir de manuscrits anciens, appartenant à des Kirghizes instruits, des poèmes héroïques, des aphorismes, des fables, des devinettes, des incantations, etc… Une partie de ces matériaux a été publié dans le livre de N. Grodekov et le reste, y compris les fables, légendes, chansons, poèmes et dastans (histoires orales d’Asie centrale), ont été publiés dans la collection de matériaux pour la statistique de la région du Syr-Daria pour 1891-1897, 1901, 1902, 1904, 1905 et 1907.

A. Divaev publie ses articles dans d’autres périodiques dans les années 1890 y compris le journal de Frontières (?), l’almanach de l’Asie centrale et les bulletins semi-officieux du Turkestan. Toujours à cette époque, il commence à publier dans des revues savantes des principales sociétés orientales et ethnographique de l’empire tsariste : Notes du Département de l’Est de la Société russe archéologique ; Nouvelles de l’Archéologie, d’Histoire et d’Ethnographie Société ; Nouvelles du Département du Turkestan de la Société géographique russe et Notes de la Société Géographie. En 1896, A. Divaev a été l’un des membres fondateurs du «Cercle des Turkestan amateurs d’archéologie ». En 1906, A. Divaev devient directeur de l’école tatare à Tachkent et participe à la compilation de documents sur l’Asie centrale dans la Collection du Turkestan des articles et des communications concernant l’Asie centrale 1878-1887.

Les informations disponibles sur sa carrière indiquent qu’il poursuit ses efforts pour enregistrer et conserver les éléments de la culture turque centrale asiatiques après la révolution comme avant. En 1918, A. Divaev donne des cours de l’ethnographie et la langue kazakhe à l’Université centrale asiatique et à l’Institut Oriental Turkestan, où il occupe la chaire d’ethnographie et de la langue kirghize.

Il organise une expédition majeure à Yedi Su (ou Sept Rivières ou Semirechie) au printemps 1922 en tant que membre de la Commission les Kirghizes savante des peuples de la République du Turkestan. Au cours de l’année suivante, A. Divaev rassemble, décrit et systématise environ huit mille pages de notes de cette expédition.

Comme précédemment, les résultats ont été publiés dans diverses revues savantes et populaires en russe et en dérivés de turc chaghatay en 1922. Il participe à la commission spéciale pour l’élimination de la «dot» (kalym) et pour la «réforme de l’étude des langues autochtones. » Il meurt en 1933.

http://vlib.iue.it/carrie/texts/carrie_books/paksoy-6/cae16.html