Cantonnée en Lorraine dans le secteur de Vaucouleurs dans la Meuse. La Légion Russe est à Rozières en Blois. Les troupes sont employées aux travaux publics et à l’exercice. Elles n’y restent que quelques semaines au repos avant d’être envoyées à partir du 26 mars 1918 sur la Somme pour contenir la grosse offensive de printemps des allemands. La DM débarque dans le secteur de Villers-Bretonneux et va lutter pour éviter que les allemands se rendent maîtres d’Amiens.

Dés lors, le sort de la Légion Russe va être lié à celui du 8ème Zouaves pour qui elle consituera un bataillon. Et Georges va combattre sous les ordres du capitaine Loupanoff

Les quatre régiments gagnent leur position de départ dans la nuit du 25 au 26 avril. A 5h15, l’offensive est lancée. Malgré tous les efforts de la DM, les allemants ne reculent pas lorsque la légion Russe passe à l’attaque. Citons les pages de gloire de la Division Marocaine relater cette épisode :

« Toute la ligne semble clouée au sol.

Soudain, un soubresaut l’agite. Une petite troupe s’est dressée dans la plaine : cette troupe s’élance, elle passe comme une trombe entre zouaves et tirailleurs et magnifique, la baionnette haute, méprisant les balles qui la déciment, officiers en tête, bondit sur l’ennemi d’un tel élan qu’elle le refoule jusqu’à la route du monument. quels sont donc ces hommes prodigieux, qui, hurlent des paroles incompréhensibles, sont parvenus chose à peine croyable, à franchir cette zone de mort que zouaves et tirailleurs n’avaient pu dépasser ?

Ce sont les Russes de la Division Marocaine.

Gloire à eux ! Gloire à ceux qui sont tombés, et gloire aussi à ceux qui ont survécu, et qui, n’ayant pu, trop peu nombreux, se maintenir sur la position conquise, ont tenu à l’honneur, d’aller la nuit tombée arracher aux mains de l’ennemi les cadavres de ceux de leurs frères qu’ils y avaient laissés ! «

Grâce à ces sacrifices, la route d’Amiens reste fermée aux allemands.

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Après ces combats, la DM se reconstitue dans la zone de Nanteuil-le Haudouin dans l’Oise. Mais, une nouvelle attaque allemande à Soissons en direction de Château-Thierry amène la DM dans un nouveau secteur du front. L’armée allemande vient de pénétrer dans Soissons et menace Paris. Le 29 mai, la DM débarque dans la région de Vic-sur-Aisne et s’installe sur la Crise. La réputation de bravoure de cette division est à nouveau démontrée. La DM rentre au contact des allemands le lendemain. Les assauts de l’ennemi sont repoussés. Et Georges est décoré d’une croix de guerre avec étoile d’argent par sa bravoure dans les combats. Le général de division Daugan le citera : « Le lieutenant Georges de Gueyer s’est fait remarquer le 30 mai 1918 pour son courage et son sang froid en commandant une section de mitrailleuses ; n’a pas hésité à se mettre en batterie sur une position importante battue par un feu de l’artillerie et de l’infanterie adverses. A tenu, malgré les nombreux morts et blessés, l’ennemi en respect. ».

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Ces combats à peine terminés, la DM remonte en ligne à Villers-Cotterets au début du mois de juin. Malgré l’extrême violence des combats et l’intensité de l’artillerie, les hommes de la DM repoussent les assauts allemands et reprennent les positions perdues.

Georges est blessé le 19 juin lors d’une forte reconnaissance ennemi. Il quitte le front et se rendra certainement à Nice en convalescence où il épousera Nelly en août de la même année.