Première fille de Paul et Nathale, Ekatérina est née à Tikhvine en 1874 et décédée à Léningrad en 1956, elle a terminé ses études au gymnase à Saint-Pétersbourg.

En 1892 elle a rencontré une première fois celui qui sera son mari, 19 ans plus tard. Il avait déjà ressenti pour elle « une certaine attirance et quelque chose de mystérieux dans ce coup d’oeil rapide », mais il s’est marié d’abord avec une autre. Il en parle dans son journal le 2 mars 1908.

Elle est partie en France en 1894 avec la tante Varia, sa grand tante. A son retour elle enseignera dans un gymnase, le français et l’histoire, pendant une dizaine d’années.

Etant célibataire, elle vivait avec ses parents. Catherine était souvent nerveuse et souffrait de son célibat. Elle a assisté sans doute au mariage de Volodia, et à la naissance de ses nièces en 1902 et 1906.

Katia était très croyante, pieuse et attachée aux pratiques de la religion orthodoxe comme sa mère, avec laquelle elle s’entendait très bien.

Elle quitte l’enseignement pour épouser Mitrophane Myassoyédoff , qu’elle appelle Mika. Ce n’est pas le même amour, mais ils forment un très bon couple, malgré toutes les difficultés. Mika ne peut oublier sa première femme, mais il apprécie le sacrifice de Katia pour ses 6 orphelins. Elle mettra au monde 6 enfants, dont 3 seulement ont survécu :

  • Ekatérina dite Kiska, née en 1908,
  • Nathalie, dite Tatotchka, en 1912 et,
  • Varvara, dite Ara, née en 1917.

Mika et Katia apprenaient à tous leurs enfants à prier pour leur mère morte qui était au ciel, ainsi tous les 9 enfants pensaient qu’ils avaient 2 mères l’une ici-bas et une autre là-haut. Tous deux étaient très chrétiens, et pas du tout antisémites, ce qui était rare en Russie à l’époque. Mika raconte comment en 1919, une voisine juive, une certaine Yoffé est venue les voir, épouvantée par la perspective d’un pogrom à Voronèje. Cette Yoffé ajoute qu’elle a toujours été touchée par l’attitude de Katia vis-à-vis d’elle. Et bien sûr Mika et Katia sont prêts à cacher des juifs chez eux en cas de nécessité pour les protéger d’un pogrom, et ils l’ont fait.

Katia écrit à sa mère tantôt chaque jour, tantôt chaque semaine et elle a conservé les lettres reçues, contre vents et marées, les protégeant même des bombardements pendant la guerre, les emportant avec elle lorsqu’elle a été évacuée. C’est grâce à elle et à sa fille aînée, Kiska, qui les avaient pieusement conservées, qu’elles ont pu parvenir jusqu’à nous.

Extraits de  « La correspondance des Bérednikoff » de Yolande Levine (Mazan, 1995) publiés avec l’autorisation de l’auteur.