Nicolas Pavlovitch Bérédnikoff était le troisième enfant de Paul et Nathalie, appelé familièrement Kola.

Né en 1877 à Pétersbourg, il y a fait des études de droit. Il était très affectueux avec sa mère et en quelque sorte son préféré, mais c’est sans doute aussi pour cette raison qu’il lui donnait le plus de soucis.

Tout d’abord il est tombé amoureux d’une jeune femme juive, Maria. Grigorievna Meysner. D’après Nathalie, celle-ci le mène par le bout du nez et l’influence mal. Elle se marie avec un autre, et Nicolas continue à l’aimer. Après son mariage, elle a un enfant, Georges, dit Georgik, qui est reconnu par son mari, mais Olga a toujours pensé que c’était le fils de Nicolas.

Nicolas a un problème d’argent avec Nathalie. Celle-ci lui a confié les intérêts annuels de la fortune de la tante Varia, sans doute pour qu’il les lui expédie. L’année 1908, il a pris les intérêts et Nathalie pense que, sous l’influence de Maria Grigorievna il les a placés ou dépensés pour elle et ne les a plus. Il doit donc chaque fois qu’il faut envoyer les mensualités à Mira, trouver la somme voulue afin de combler le déficit qu’il a provoqué par son manque de sens des affaires, ou son inconscience.

Tous ses camarades de promotion ont émigré tandis qu’il est resté en Russie en qualité de Juge de Paix. Le départ de ses collègues fait qu’il sera soupçonné d’être lui aussi antisoviétique.

Il n’écrira plus jamais à Nathalie, au début sans doute parce qu’il ne peut plus lui envoyer d’argent alors qu’il lui en doit, puis parce qu’il craint d’être compromis par cette correspondance, enfin parce qu’il a été assigné à résidence par l’administration stalinienne dans la ville de Gorki. Il n’a pas exercé d’activité anti-soviétique, mais il est soupçonné d’être en relation avec ses promotionnaires. A Gorki il exercera sa profession de juriste, mais il ne peut ni écrire à l’étranger, ni voyager.

Nathalie et Olga ne comprennent pas pourquoi il n’écrit jamais. Dans ses lettres Ola le surnomme Ziouza.

Libéré à la mort de Staline il revient à Léningrad, il est déjà âgé. Il revoit Maria Grigorievna et lui fait parvenir des lettres par son petit neveu Guéra Illyine.

Il meurt à Léningrad en 1957.

Extraits de « La correspondance des Bérednikoff » de Yolande Levine (Mazan, 1995) publiés avec l’autorisation de l’auteur.