Olga Pavlovna Bérédnikova est le quatrième enfant de Paul et Nathalie, surnommée Ola.

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olga-enfant-en-1890Née à Pétersbourg en 1880, elle est allée au gymnase comme sa soeur aînée et elle a étudié à la maison le français et l’allemand avec des gouvernantes. Elle est très nerveuse et souvent dépressive, ne supporte pas bien le climat de Pétersbourg, humide brumeux et froid en hiver, humide et chaud en été. Elle souffre depuis l’enfance de migraines nerveuses qui la tourmentent à la moindre contrariété ou inquiétude. De nos jours on aurait dit : elle somatise, on la disait neurasthénique. A l’adolescence elle est anémique et pour sa santé, pour ses études et aussi il faut bien le dire pour raisons financières, elle va à son tour en France avec la Tante Varia.

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Au début, en 1902 elle sera auprès de celle-ci à Nice en qualité de demoiselle de compagnie, puis elle va s’émanciper, elle est amoureuse d’un jeune bourgeois français qui fréquente l’Université de Montpellier, puis d’un peintre. Elle a un fils naturel en 1904. Elle le met en nourrice à Marseille, mais il meurt du croup avant l’âge de 2 ans. Elle n’en parle pas à sa famille et ce sont de mauvais souvenirs qu’elle n’aime pas évoquer. Elle met au monde le 19 novembre 1906 un deuxième enfant naturel, Stella, qu’elle a conçu, dira-t-elle, à la fin de sa vie, avec un artiste russe, qui n’a jamais su qu’il était père. Elle veut être tout pour cet enfant et l’élever toute seule, en féministe. Elle quitte Mira, pour vivre seule mais toujours à Nice.

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Puis elle est très amoureuse de Frédéric, qu’elle surnomme Ric, qui a sur elle une grande influence, et 26 ans de plus! Elle l’admire et elle suit ses idées anarcho-révolutionnaires. Elle est partisan de l’amour libre, du vote des femmes et de leur émancipation. Elle lit tous ses articles et elle ne manque pas une de ses conférences.

Comme Fouffa n’avait pas d’enfant (elle disait qu’il ne pouvait pas en avoir, étant stérile) elle aurait voulu qu’il soit pour sa fille un père, du moins un père spirituel ! Mais après avoir séduit Ola, Frédéric s’éloigne d’elle et elle en est désespérée et déprimée, sans cesser pourtant de suivre et de répandre ses idées.

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Elle connaîtra d’autres amours, mais toujours avec des hommes mariés, amours sans lendemain. Elle regrettera toute sa vie de ne pas avoir réussi à se réconcilier avec Frédéric dont elle aurait voulu partager la vie, comme elle partageait ses. idées. Elle épouse en 1938, après la mort de Fouffa, Etienne Audoli, un artiste en retraite. Audoli lui donne son nom et sa nationalité et il reconnaît Stella qui peut enfin devenir française et trouver du travail en étant déclarée. En effet Stella, née à Monaco, de mère russe avant la loi de 1927 (proclamant français tout enfant né en France) était d’abord Russe puis apatride. Cependant Olga n’a jamais vécu avec Audoli, c’était un mariage blanc qui a pu réussir grâce à l’aide d’un ami : Pierre Ferval. Elle obtient ainsi que sa fille, à la suite de ce mariage, la nationalité française.

Toute sa vie Ola a correspondu avec sa sœur Katia, qu’elle a toujours rêvé revoir un jour, mais elle mourra à Abidjan en 1960, auprès de sa petite fille, sans avoir jamais eu assez d’argent pour se payer un voyage en Russie. Elle a consacré sa vie à élever sa fille, ses quatre nièces, et leurs enfants orphelins, surtout sa petite fille.

Extraits de « La correspondance des Bérednikoff » de Yolande Levine (Mazan, 1995) publiés avec l’autorisation de l’auteur.