Vladimir Pavlovitch Bérédnikoff, était le second fils de Paul et de Nathalie, mais il a été baptisé du même prénom que le premier. Et en fait il a donc été l’aîné. On l’appelle couramment Volodia, et comme il y en a plusieurs dans la famille, Nathalie dit pour éviter la confusion avec le frère de Paul, « notre Volodia ». Né à Tikhvine en 1870 ou 1871, et certainement pas en 75 comme indiqué sur sa déclaration de décès (voir à ce sujet la note à la fin de la première lettre de 1894).

Il a fait des études de droit pour devenir magistrat. Quand il était jeune, Vladimir aimait beaucoup plaisanter. Olga racontait que, revenant de son premier cours d’anglais, il répond à ses sœurs qui lui demandent de dire quelque chose dans cette langue qu’elles n’étudient pas, se levant et se dirigeant vers la porte : « I go to water-closet » ! Il a été juge de paix, puis a vécu de ses rentes.

Il a épousé pour sa fortune et sa beauté, une jeune fille riche et jolie, Anna Bouzova, « notre Aniouta » dans les lettres de Nathalie. Celle-ci est décédée du cancer à Saint Pétersbourg en 1910, laissant deux orphelines : Hélène, née en 1902, surnommée d’abord Lala puis Nelly, et Zénaïde, née en 1906, surnommée Zichka, Zina, puis Zika.

Vladimir étant l’aîné des enfants Bérédnikoff, veut avoir dans l’héritage de son oncle et de sa tante, que les frères de Paul doivent leur donner, une part plus grande que ses propres frères et sœurs, par droit d’aînesse : 3.000 roubles sur les 7.700 qui devaient être partagés entre 6 personnes. Pour cette question d’héritage, il sera en conflit avec ses oncles, avec son frère et ses sœurs et même avec sa mère. C’est finalement ce que proposait Nathalie qui a été accepté: 2.000 roubles à. Vladimir, 2.000 roubles à Nicolas, 2.000 roubles à. Katia, les trois aînés, et seulement 1.700 roubles à. Nathalie, Ola et Varia réunies. Volodia a finalement accepté à condition que ses trois sœurs s’engagent à lui remettre chacune, quand elles recevront l’héritage de leur tante, 333 roubles qui lui feraient 999 pour remplacer les 1.000 supplémentaires qu’il réclamait. Aucune lettre, ni aucun document ne nous précise si cette dernière clause a pu se réaliser.

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En France, Vladimir se faisait appeler « de » Bérédnikoff, pour montrer qu’il était noble, bien que seule sa mère l’était. Très attaché à l’ancien régime, il était réactionnaire, comme disait sa sœur Olga. Mais quand il tient à Ola des propos antisémites que celle-ci rapporte à Katia, c’est sans doute aussi une manière chez lui de se moquer d’elle.

Il a surtout vécu des rentes qu’il touchait de la fortune qu’il avait hérité de sa femme. Il aimait la belle vie, les bons hôtels, les villes d’eaux, le champagne, les réceptions, le luxe. Il voyageait en train à travers l’Europe avec ses filles et une gouvernante. Zika a raconté comment il allait avec elle, la plus jeune, en lère classe, tandis que la gouvernante accompagnée de Nelly et des bagages étaient en 2eme classe, sans doute parce qu’il pensait que la gouvernante ne pouvait se trouver avec lui en lère, craignant qu’on ne la prenne pour sa femme, et pour être plus libre !

Malheureusement il avait placé sa fortune en Russie, ayant eu confiance en l’emprunt russe. Il se trouva ruiné après la Révolution de 17, avec un portefeuille d’obligations qui n’étaient plus cotées.

Un restaurateur niçois l’a nourri longtemps avec Zika, en échange des obligations qu’il lui avait données. Il peignait des aquarelles qu’il vendait pour subsister.

Volodia est décédé à Nice en 1922, des suites de l’opération d’un cancer.

appartement-vladimir-et-ses-2-fillesExtraits de « La correspondance des Bérednikoff » de Yolande Levine (Mazan, 1995) publiés avec l’autorisation de l’auteur.