Histoire de la famille de Gueyer

Mémoires d'une famille franco-russe

Destin d’Elizaveta Ivanovna Geyer

Envoyé par Marie-Ange

[Elizaveta était donc la 3ème tante d’Ariane, Jean-Oleg et Boris ; grand-tante d’Hélène, Béatrice, Marie-Ange, Danièle, Dominique et Thierry ; et arrière-grand-tante de leurs enfants.]

Elizaveta Ivanovna Geyer (1899 –1935 ?), « non mariée, occupe un poste important dans les cotons » (d’après Georges, lettre du 17/9 60). Victime des ‘prémisses’ de la Grande Terreur stalinienne, alors qu’elle résidait encore à Tachkent : « arrêtée le le 03 décembre 1935 ». Son nom apparaît dans les listes de victimes établies par le fonds dit : Сведения Фонда <Шахидлар Хотирасы> (Узбекистан), voir :

http://lists.memo.ru/d8/f197 htm  ou : http://rosgenea.ru/?alf=4&r=4&serchcatal=%C3%E5%E9%E5%F0

Et en cliquant sur : http://www.advantour.com/rus/uzbekistan/tashkent/museum-of-repression.htm

on tombe sur la présentation du Musée de la Mémoire des Victimes de la Répression que voici (traduction améliorée) :

« Ce musée unique est dédié à la mémoire de personnes tuées ou emprisonnées à la suite de la répression et de la persécution. Il est apparu dans la capitale ouzbèke récemment : le 31 août 2002, il a été inauguré dans un petit parc, qui est devenu un mémorial, et cette journée a été célébrée dans le pays comme le Jour de commémoration des victimes de représailles. Le Musée de la mémoire des victimes de la répression est un phénomène unique dans la CEI, car ici sont recueillies les pages tristes de l’histoire de l’Ouzbékistan depuis le milieu du XIXe siècle jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle. Dans les années 1860, lorsque l’Empire russe a mené une guerre coloniale en Asie centrale, les conquérants ont réprimé les soulèvements populaires qui se battaient pour la liberté de leur pays. À l’époque soviétique, à commencer par la Révolution d’Octobre, l’état a éliminé les meilleurs esprits dans le pays, qui nourrissaient le rêve d’un Etat indépendant, et même ceux qui n’étaient pas soupçonnés de dissidence. Et le règne de Staline a marqué la période la plus sanglante de l’histoire de l’Ouzbékistan : des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées, des milliers ont été tués, et les autres sont morts dans les camps, comme ennemis du peuple. Durant 80 ans, en Ouzbékistan, ont été lancées plus de 800 affaires pénales qu’on appelait généralement « dossier coton », où les gens étaient jugés parce que le coton nedosdachi. 

[C’est-à-dire était ‘manquant’, si je comprends bien – ce qui peut signifier ou qu’on accusait les gens d’avoir détourné, dérobé une partie de la production, ou que les quota de productivité n’avaient pas été respectés. N’oublions pas également que les thèses de Lyssenko sévissaient alors, et notamment dans le domaine de la génétique du coton justement…]

« Tous ces événements historiques sont exposés dans le Musée de la Mémoire des Victimes de la Répression, avec une collection de photographies, documents et effets personnels, et plus encore. Parmi les pièces que vous pouvez voir, la disposition des camps de concentration et d’incarcération où les prisonniers vivaient, et – certainement l’un des symboles les plus terribles de la répression – les «entonnoirs noirs» [?], les voitures du NKVD, qui venaient arrêter ceux qu’on accusait de trahison.

« Le musée est situé dans le complexe « Khotirasi Shakhidlar » (en ouzbek – « En mémoire des victimes de la répression») sur la route de Tachkent, vers la Tour de TV. Le lieu de construction du complexe n’est pas fortuit : lors de la construction de la tour, on a creusé des fondations et l’on a retrouvé des tombes… »

D’où l’on peut malheureusement conclure que la pauvre Elizaveta travaillait là vraiment où il ne fallait pas.

1 Comment

  1. Evgenia Aparina

    27 mars 2016 at 22 h 04 min

    Lettre de Genia Aparine à M.-A.
    10 avril 2015
    Dear Marie-Ange !
    Thank you for your letter ! I write in russian language….

    Вы очень хорошо знаете о своем роде…Это восхищает ! Мы знаем гораздо меньше…Когда бабушка Зина получила весточку от Гриши-был 37 год. В России было трудно : Лиза сидела в тюрьме за антисоветские разговоры, потом в 42-м в тюрьму попала и Варвара… После смерти Сталина их оправдали и выпустили с миром… Но тогда невозможно было переписываться с заграницей…У Зины было трое сыновей, муж-белый офицер в прошлом… И она побоялась ответить Грише, о чем потом очень жалела и переживала всю жизнь… После войны через Красный крест она пыталась найти брата, но… Если у Вас получится читать мои письма, то я напишу еще о том, что знаю о семье Гейер… А пока, спасибо Вам еще раз за интересное, глубокое письмо, Мари! У нас хранится акварель Волошина адресованная маме дяди Гриши-Ольге Георгиевне 13.01.1928г.

    Vous êtes très bien renseignée sur votre lignée… C’est admirable ! Nous en savons beaucoup moins… Lorsque ma grand-mère Zina [Zinaida] a reçu des petites nouvelles de Gricha [Grigori], c’était l’année 37. En Russie, c’était difficile : Liza [Elizaveta] se trouvait en prison pour des propos antisoviétiques, ensuite en 42 Varvara aussi a été emprisonnée… Après la mort de Staline, elles ont été disculpées et ont recouvré la liberté… Mais alors il était impossible de correspondre avec les pays étrangers. Zina avait trois fils, son mari avait été un officier blanc dans le passé… Et elle avait peur de répondre à Gricha, ce qu’elle a beaucoup regretté plus tard et dont elle a souffert toute sa vie… Après la guerre, à travers la Croix Rouge, elle a tenté de retrouver son frère, mais… Si vous arrivez à lire ma lettre, je vais écrire encore sur ce que je sais de la famille Geyer… En attendant, je vous remercie encore une fois pour votre lettre intéressante et profonde, Marie ! Nous avons conservé une aquarelle de Volochine adressée [dédiée ?] à la maman d’oncle Gricha, Olga Guéorguievna du 13.01.1928.

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